Prendre le bateau en Guadeloupe : les traversées vers les îles
L'archipel guadeloupéen se traverse par la mer. Marie-Galante au sud, Les Saintes au large de la Basse-Terre, La Désirade à l'est : chacune a son port de départ, ses bateaux et son rythme. Voici comment s'y retrouver, sans se tromper de quai ni rater le dernier retour.
Trois îles habitées, quatre ports de départ
La Guadeloupe n'est pas une île mais un archipel, et l'avion n'y dessert qu'une partie des îles. Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade se rejoignent en bateau, depuis des ports différents : c'est la première erreur à éviter, car un billet pris pour le mauvais quai ne se rattrape pas le matin même.
Marie-Galante se gagne depuis Pointe-à-Pitre, à la gare maritime : la traversée vers Grand-Bourg dure environ une heure. C'est la liaison la plus fréquentée de l'archipel, avec plusieurs départs par jour, et la seule qui accepte facilement des véhicules.
Les Saintes se gagnent au plus court depuis Trois-Rivières, sur la côte sud de la Basse-Terre : vingt-cinq minutes environ pour Terre-de-Haut. Des départs existent aussi de Basse-Terre, un peu plus longs. C'est la traversée la plus courte de toutes, et celle qui se fait le plus souvent à la journée.
La Désirade se gagne depuis Saint-François, à la pointe est de la Grande-Terre : trois quarts d'heure environ. Le départ est quotidien, mais le nombre de rotations varie avec la saison et la demande.
Quelles compagnies font la traversée
Trois opérateurs se partagent l'essentiel du trafic intérieur. FRS Express des Îles, basée à Pointe-à-Pitre, assure la liaison vers Marie-Galante et, depuis peu, une liaison rapide entre Trois-Rivières et Terre-de-Haut ; c'est aussi elle qui exploite les lignes internationales vers la Martinique, la Dominique et Sainte-Lucie.
La CTM Deher, compagnie historique des îles du Sud, tient le lien entre Trois-Rivières et les deux îles des Saintes, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, avec ses propres guichets dans les trois ports.
COMADILE opère au départ de Saint-François, vers La Désirade d'abord, et vers Marie-Galante et Les Saintes selon les jours. Pour La Désirade, c'est le départ de référence.
Cette répartition bouge : une compagnie ouvre une ligne, une autre la reprend ou la suspend. Vérifier le nom de l'armateur au moment de réserver vaut mieux que de se fier à un programme imprimé l'an dernier.
Réserver et embarquer : ce qui se joue avant le départ
Sur les lignes intérieures, le billet est nominatif : une pièce d'identité est demandée à l'embarquement, y compris pour un aller-retour à la journée. Réserver à l'avance est vivement conseillé en haute saison, pendant les vacances scolaires et autour du carnaval, où les bateaux partent complets.
Se présenter à l'embarquement une trentaine de minutes avant l'heure de départ est la règle admise par les trois compagnies : l'enregistrement des bagages et le contrôle des billets prennent du temps quand la file s'allonge.
Pour un véhicule, c'est une autre affaire : les places sont limitées, la réservation se fait séparément du passager et parfois plusieurs jours à l'avance. Beaucoup de voyageurs laissent la voiture sur la Grande-Terre ou la Basse-Terre et louent sur place, ce qui coûte souvent moins cher que le passage du véhicule.
Les bagages voyagent en soute, avec une franchise qui dépend de la compagnie ; les valises à roulettes et les glacières sont acceptées dans la limite des volumes annoncés. Les animaux sont admis sous conditions, à déclarer à la réservation.
La mer décide : houle, saison et annulations
Entre la carême, sèche et souvent calme, et l'hivernage, plus humide et plus agité, la même traversée ne se ressemble pas. Les jours de houle, la traversée vers Les Saintes ou La Désirade peut être annulée au dernier moment, parfois le matin même : c'est une contrainte réelle, pas un imprévu rare.
Deux habitudes limitent les dégâts : garder une marge avant un vol ou une correspondance, et vérifier la veille au soir, puis le matin, l'état de la liaison auprès de la compagnie. Un billet annulé pour raison de mer est reporté ou remboursé selon les conditions de l'armateur.
Ceux qui craignent le mal de mer choisissent les places extérieures à l'arrière, évitent de rester à l'intérieur et prennent leur précaution avant l'embarquement, pas pendant la traversée. Vingt-cinq minutes de Trois-Rivières à Terre-de-Haut se passent sans y penser ; une heure vers Marie-Galante par houle formée, beaucoup moins.
Au-delà de l'archipel : Martinique, Dominique, Sainte-Lucie
Pointe-à-Pitre est aussi un port de départ international. Les bateaux relient la Martinique (Fort-de-France), la Dominique (Roseau) et Sainte-Lucie (Castries) : ce sont des traversées de deux à trois heures pour la Dominique et la Martinique, plus longues vers Sainte-Lucie, avec formalités de police et douane à l'arrivée.
Ces lignes demandent un passeport ou une pièce d'identité en cours de validité selon la nationalité et la destination, et il faut prévoir le temps des contrôles : arriver une heure avant suffit rarement en haute saison.
À l'intérieur de l'archipel, en revanche, aucun passage de frontière : la Guadeloupe, Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade sont un seul département.
Une journée sur chaque île : ce que le bateau impose
Le format « aller-retour dans la journée » est le plus courant, et il dépend entièrement de l'horaire du dernier retour. Partir le matin et revenir le soir laisse cinq à sept heures sur place, ce qui suffit pour Grand-Bourg et une distillerie à Marie-Galante, pour le tour de Terre-de-Haut à vélo, ou pour la plage et le bourg de La Désirade.
Dormir sur place change la journée : les dernières navettes parties, l'île retrouve son rythme. Les hébergements sont limités à Terre-de-Haut et à La Désirade en haute saison, et se réservent en même temps que le bateau.
Une correspondance entre deux îles passe presque toujours par la Guadeloupe : il n'existe pas de liaison directe entre Marie-Galante et La Désirade, par exemple, et le trajet par Pointe-à-Pitre puis Saint-François prend une bonne partie de la journée. Pour un tel enchaînement, mieux vaut une nuit sur la côte qu'un aller-retour forcé.
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Questions fréquentes
Combien de temps dure la traversée vers Marie-Galante ?
Environ une heure depuis la gare maritime de Pointe-à-Pitre vers Grand-Bourg. La durée varie un peu selon le navire et l'état de la mer, et la ligne compte plusieurs départs par jour.
Peut-on emmener sa voiture sur les îles ?
Sur les lignes qui transportent des véhicules, oui, mais sur réservation et dans la limite des places : elles sont peu nombreuses et partent plusieurs jours à l'avance en haute saison. Beaucoup de voyageurs laissent la voiture sur la Guadeloupe et louent sur place.
Faut-il une pièce d'identité pour aller aux Saintes ou à Marie-Galante ?
Oui, le billet est nominatif et une pièce d'identité est demandée à l'embarquement, même pour un aller-retour à la journée. Ces îles font partie du même département, il n'y a donc ni douane ni contrôle frontalier.
Y a-t-il un bateau direct entre Marie-Galante et La Désirade ?
Non. Les liaisons entre îles passent par la Guadeloupe : il faut rejoindre Pointe-à-Pitre ou Saint-François, puis reprendre un bateau. L'enchaînement prend une bonne partie de la journée, et mieux vaut prévoir une nuit sur la côte.
Que se passe-t-il si la traversée est annulée ?
Une annulation pour houle ou pour raison technique donne lieu à un report ou à un remboursement selon les conditions de la compagnie. Vérifier la liaison la veille et le matin, et garder une marge avant un vol ou une correspondance.
Communes et zones couvertes
Les ports de départ et les îles d'arrivée, avec la traversée qui les concerne et ce qu'il faut savoir sur place. Chaque page donne le temps de traversée, l'usage courant de la ligne et le piège à éviter.